Accro à l’apparence physique ? Les conséquences

Quand on est jeune et beau on domine le monde ! Tout nous sourit ! En effet, nous sommes tellement beau que tout le monde a envie d’être vu à nos côtés, parce qu’être à notre bras c’est faire partie du club, c’est être beau et puissant aussi

Je l’ai souvent constaté d’ailleurs ! En toute humilité évidemment. Je suis régulièrement en surpoids depuis toujours et je viens d’ailleurs tout juste de trouver pourquoi ! Après 39 ans de vie j’ai enfin l’origine du problème qui demeurait un mystère. Et j’ai pu ainsi proposer la solution à toute ma famille qui souffre de surpoids et leur permettre à eux aussi d’entamer des démarches pour se libérer. Mais ce n’est pas le sujet. 

Quand j’ai décidé quelque chose, je le fais jusqu’à atteindre l’objectif et les régimes en font partie. Donc, quand je n’étais pas en surpoids, j’ai très souvent fait un 38 ! Un 38 avec une poitrine généreuse et un joli sourire, un regard intense, de l’intelligence et de la simplicité, de l’humour… Je fais jeune en plus… Donc je plaisais beaucoup, en gros. Et durant ces périodes de franc succès, tout me souriait à moi aussi.  Et j’avais donc certainement une aura de réussite. C’est un cercle vertueux en fait, car plus on attire la réussite et mieux on se sent et donc on attire encore plus. je n’avais pas besoin d’exceller dans tout en fait, car mon image faisait beaucoup finalement. Elle était le point clé de ma réussite. C’était ultra grisant ! Ce n’est donc pas étonnant que tout nous semble facile quand on est jeune et beau, tant notre société valorise l’image

Et puis j’ai eu une épreuve de vie, j’ai grossi. Pour me soigner, j’ai dû sacrifier ma belle silhouette qui plaisait tant. Mais sans regret, car à quoi me servait-elle si je risquais de perdre la vie et de délaisser mon fils ? Les priorités me semblaient évidentes : 

  • Ma santé et mon fils first, d’autant plus que j’étais fraîchement mère célibataire et que j’allais devoir assurer
  • Puis ensuite mon travail qui nous permettait de vivre et de pourvoir à nos besoins de base. 
  • Le reste était secondaire.
Mamas Nicky De Saint Phalle

Mon corps a donc grossi et mon succès a baissé d’un coup avec cette prise de poids. J’ai vu les regards changer et se détourner, se charger de dégoût et de déception, même. J’ai vu cette côte de popularité s’effondrer parfois. Tout devait peu à peu moins facile étrangement ! Cela m’a bien sûr énormément blessée, car j’étais pourtant toujours la même personne ! Seul mon aspect physique avait changé ! Mais pour certains c’était déjà trop pour eux et cette réaction extrême m’a quand même beaucoup interpellée.

Pourquoi ? Que cachait cette réaction au fond ? Non seulement dans la sincérité de leur attachement à moi, mais également comme peur pour réagir violemment à une simple prise de poids ? J’ai été aussi chamboulée quand je suis revenue vivre sur la Côte d’Azur. Un endroit où il est tout à fait courant de posséder un book photo et de faire régulièrement quelques injections de botox (minimum). J’avais déjà vu bien sûr des tas de personnes qui cultivaient ce culte du physique éternellement jeune à Paris, surtout ayant bossé dans le monde de la beauté, du luxe et de la mode ! Mais sur la Côte d’Azur, la jet set y est si présente et accessible qu’elle contamine apparemment l’intégralité de la population. C’est vraiment un endroit où l’apparence y est très valorisée et recherchée et j’en ai d’ailleurs beaucoup souffert à l’adolescence.

Pour comprendre pourquoi cette fixation du physique parfait et jeune, j’ai écouté les personnes de mon entourage partager leur point de vue (parfois très stressant) sur l’image et ce fut très intéressant. J’ai ainsi pu constater que la plus grosse pandémie qui touche le 06 n’était en fait pas du tout le Covid mais la grossophobie voire la gérascophobie (la peur de vieillir). Certains sont réellement totalement obsédés par leur apparence, au point d’en délaisser toute bonne manière d’ailleurs ! C’est extrêmement choquant de constater que certains se sentent tout à fait légitimes de rabaisser les personnes en surpoids sans se rendre compte qu’ils commettent pourtant une grosse erreur d’humanité dans l’indifférence la plus totale ! C’est scandaleux, mais ce qui l’est encore plus en fait, c’est qu’un tel comportement est banalisé voire même cautionné par les personnes qui en sont victimes puisqu’elles reconnaissent leurs (pseudo) « tort » (imaginaire) et investissent donc une énergie folle pour se corriger et retrouver l’estime de ces bourreaux décomplexés

Cet abus et cette obsession de l’apparence ne m’a pas laissée de marbre, d’ailleurs ! Au contraire elle m’a travaillée : 

  • D’abord, je me suis sentie honteuse d’oser imposer mes formes généreuses à tous ces gens dans la rue. Les pauvres ! Obligés de regarder une personne aussi « immonde » que moi, surtout sur la plage ou au bord de la piscine ! Devoir subir ma cellulite et mes vergetures post grossesse, vraiment, j’avais totalement raté ma vie et je gâchais ainsi celle des autres ! Puis j’ai fini par me rendre compte de l’absurdité de ce sentiment, heureusement ! C’était même hallucinant que de pareilles idées viennent à mon esprit !
  • Ensuite, je me suis dit que cette manie malsaine,  pouvait être une bonne chose pour moi si je voyais les choses autrement ! Elle pouvait me booster dans ma perte de poids ! Mais je n’étais pas assez solide encore pour porter une telle idée sans me faire encore envahir et contaminer par cette injonction implicite de faire à tout prix le 90/60/90 pour être accepté des autres et surtout ne pas me faire rejeter à tout bout de champs. Ma perte de poids fut donc couplée à énormément de pression et de stress. Ce qui provoque en fait ce fameux effet yoyo. Car la discipline qu’on s’impose est si extrême et dure qu’on se retrouve obligé de relâcher complètement pour équilibrer
  • Vint ensuite le rejet. Je n’en pouvais plus de « toutes ces conneries » ridicules si éloignées de mes valeurs humanistes, alors j’ai tout laissé tomber ! Ce qui en soi n’était pas non plus inutile, car j’ai appris à m’aimer telle que j’étais, avec mes rondeurs et mes qualités, à miser ma réputation un peu plus sur mes compétences et qualités humaines et à me détacher de cette névrose généralisée de la Côte d’Azur ! 
  • Enfin, j’ai vu ma vie s’alléger, mes blessures se guérir… Et l’envie de prendre réellement soin de moi est arrivée avec. J’ai commencé à aller plus en profondeur dans cette démarche et prendre davantage le temps. J’ai adopté une meilleure alimentation, plus adaptée aux besoin de MON organisme à moi. J’ai eu envie aussi de me séparer de ma carapace ! Car en quittant ma peur de m’ouvrir aux autres, je ressens aussi désormais que mes bouées de protection ne me sont plus utiles. Je suis dans une démarche de réelle ouverture à mon bien-être corporel, plus saine et respectueuse de la personne que je suis, de mon rythme, de mes besoins, etc. 

Et c’est à ÇA que nous devrions faire attention quand nous cherchons à prendre soin de notre image : A nos besoins profonds, notre bien-être et notre amour propre ! 

Il en va de même pour les personnes qui cherchent à rajeunir leur aspect physique d’ailleurs ! C’est presque inconcevable d’accepter ses rides, ses paupières qui tombent, ses cheveux blancs, la perte de fermeté de sa peau, etc. Alors on investit un argent fou pour changer tout ça à coup de chirurgie esthétique et de remèdes miracles hyper coûteux. On investit compulsivement dans toutes ces transformations censées être la solution à tout notre malêtre, mais à aucun moment on cherche à traiter réellement le malêtre profond qui se cache derrière tout ça ! Alors on a un nouveau nez tout fin, des seins bombés qui tiennent tous seuls à plus de 50 ans, la peau du visage plus lisse que ses petits enfants, une bouche « duck face », on investit dans des séances super chères de je ne sais quelle nouvelle technique venue des états unis qui fait des miracles sur les stars, on consent à sacrifier une immense partie de son estomac et à souffrir lors de nos prochains repas… Mais on ressent toujours autant ce vide intersidéral à l’intérieur ! On court ainsi de miracle en miracle et rien ne change profondément dans nos vies ! 

Et quand nous, coach, on arrive avec une offre de coaching et/ou de thérapie, on se prend des accusations de charlatanisme, on entend toujours cette bonne vieille excuse que la psychologie est réservée aux fous et j’en passe ! Mais on ne fait toujours pas le lien dans son esprit que c’est peut-être là la solution à sa souffrance existentielle et que les thérapeutes ne sont peut-être finalement que des solutions efficaces quand on a mal à sa vie ! 

Prendre soin de son corps, de soi, ce n’est pas s’arrêter à sa seule apparence et rester éternellement en surface ! Il vient bien de là le malêtre, le vide douloureux et envahissant qu’on ne veut pas affronter ! 

Les conséquences d’un tel diktat, d’une telle erreur de jugement, c’est que nombreux sont les gens un surpoids ou pas qui cessent de s’aimer à cause de ces fautes d’humanité qui découlent de cette obsession. Et ce malêtre nous empêche de lier une vraie relation profonde avec soi, l’être que nous sommes au delà de cette image. Il serait donc temps de remettre les choses à leurs vraies places ! Car toutes ces personnes qui s’obstinent à conserver et entretenir cet aspect éternellement juvénile, parfait, et qui nourrissent ainsi une certaine peur de vieillir, de laisser le temps marquer naturellement notre image et améliorer simplement ce processus au lieu de vouloir lui résister, passent bel et bien totalement à côté d’eux-même, de leur amour propre et de leurs êtres chers ! 

Quand prendre soin de son physique commence à nous travailler un peu trop, à prendre trop de place dans notre esprit, dans nos vies, sur la qualité de nos relations, sur notre bien-être et notre paix intérieure, je recommande d’explorer ce que ça cache en premier lieu avant d’entamer toute démarche ou d’investir dans des solutions miracles !

D’ailleurs, en faisant la démarche dans le bon sens, les résultats ne seront que plus rapides et plus durables, parce que plus adaptés et plus ajustés  à nos besoins réels. Agir en écartant d’abord cette douleur qui nous ronge de l’intérieur,  cette pression phénoménale qui est bien souvent la cause de nombreux échecs, vous maximisez vos chances d’atteinte vos objectifs dans la sérénité !

En se libérant de l’obsession de l’apparence et en faisant un travail sur soi, nous pouvons ainsi développer la qualité et la profondeur de la relation que nous entretenons avec nous-même et avec  les autres ensuite ! 

Et c’est pour ça que j’aime mon métier : parce que je trouve cette démarche noble en effet, que de permettre aux gens de mieux se connaître, de s’aimer mieux, davantage et d’avoir avec leurs proches des relations plus profondes et plus légères ! Cela se transmet en plus de générations en générations et ça fait donc des humains plus heureux ! Et c’est ça qui me plaît d’apporter à ce monde, car je trouve qu’il en a grandement besoin ! 

Parce que finalement, ce n’est pas que quand on est jeune et beau que tout nous réussit, mais aussi, surtout, quand on a confiance en soi, que nous sommes en paix avec nous-même et qu’on s’aime ! 

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